samedi 30 décembre 2017

La femme au masque ou le mensonge, pour le tableau du samedi de Lydie



Je vous présente aujourd'hui une huile sur toile du 17° siècle qui se trouve aux Beaux Arts d'Angers, où j'étais ces derniers jours.
Ce tableau, portrait mystérieux et allégorique d'une très belle femme,me posait des questions de compréhension:
pourquoi ce masque?pourquoi une telle expression d'absence si elle va ou revient de bal masqué?Et surtout, pourquoi une grenade?
J'ai donc fait une recherche sur internet.
Le texte ci dessous est complètement pompé sur le  site académique de Nantes, lien ci dessous, parce que je ne ferais certes pas mieux, loin s'en faut et que, perso, il m'a fort intéressée.

http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/lettres/enseignement/seances/faire-dialoguer-une-uvre-litteraire-et-un-tableau-de-tartuffe-a-la-femme-au-masque-834697.kjsp




Il s'agit de "La femme au masque" , peint vers 1650 par  Lorenzo Lippi ,tableau aussi appelé "le mensonge" ou "l'allégorie de la dissimulation",tout un programme!!!!et un stéréotype qui fonctionne encore bien!


Début de citation(les NB sont des remarques perso)="Le peintre (1606-1665) était un artiste lettré de Florence , peintre et poète. Le tableau, dont  le travail sur la lumière est caractéristique de sa palette, est une parfaite illustration du goût marqué, et particulièrement à Florence, pour le portrait allégorique. (NB=Il a aussi peint la fortune, l'innocence et la musique)

Le tableau : Un portrait en buste et de trois quarts d'une jeune femme.
 °°La composition : Le jeu des diagonales met en relief la présence, dans trois triangles - sur les quatre ainsi délimités – les trois éléments essentiels de ce tableau:
 le visage, le masque et la grenade, qui se détachent d'autant mieux qu'ils apparaissent, pour les deux premiers, sur un fond noir et, pour le dernier, sur le fond bleu de la robe.
°°Le fond noir, conjugué à la lumière provenant de la gauche, qui permet des effets d'ombre et de lumière appuyés sur les plis des vêtements et surtout sur les mains tenant le masque et la grenade, accentue le modelé du visage, qui semble ainsi émerger de la pénombre, et rehausse la clarté de la peau, soulignant de cette manière sa blancheur : un indice de beauté qui pourrait passer aussi pour un signe de pureté.
 Ce visage impassible peut signifier le calme intérieur mais aussi la froide indifférence. Ce que confirmerait le regard baissé vers le spectateur : elle le domine et il est possible de déceler, à travers le dessin de la bouche, un certain mépris. Elle est le maître du jeu.



L'analyse : Cette jeune femme tient : 
*** d'une main un masque, qui est certes l’emblème du théâtre mais, si nous nous référons à l'étymologie grecque pour désigner le jeu du comédien qui, à l'origine, avance masqué sur le devant de la scène, c'est-à-dire hupocrisia – et l'hupokritês désigne le comédien –, ce masque prend aussi la valeur du faux-semblant, du mensonge et de la dissimulation. 
Il est intéressant de noter que le jeune femme clôt d'un doigt la bouche entrouverte de ce masque, comme s'il allait parler (pour dire le vrai ?) alors qu'elle a les lèvres hermétiquement closes.
D'autre part, le masque est plus coloré que le visage de la femme. Il serait donc, puisqu'il semble vouloir parler, plus vivant que le modèle. Ce que confirme l'opposition des couleurs chaudes (l'orangé et le rouge du masque) et des couleurs froides (le vert du turban et le bleu de la robe de la femme), la grenade tenant des deux (le vert et le rouge).
 Enfin, s'il est aisé de constater que ce masque est le double du visage de cette femme (le front, les sourcils, le nez sont bien semblables)[NB:ce n'est pas évident pour moi,en tout cas...], le fait qu'il ressorte nettement sur le noir, permet de suggérer, grâce à l'ombre de la joue et du cou qui découpe parfaitement le visage féminin, que celle-ci se dissimulerait encore – car la question demeure : vient-elle d'ôter ou va-t-elle mettre ce masque ? - sous un autre masque, celui de l'impassibilité.
*** et de l'autre main une grenade ouverte : la main posée sur le bord du tableau, elle semble la tendre, l'offrir au spectateur. La présence simultanée de ces deux éléments, le masque et la grenade, semble bien confirmer, par redoublement de sens, la simulation.
 Notons d'abord que ce fruit possède une forte et multiple nature symbolique.
°° Il peut être le symbole de la beauté : dans le Cantique des cantiques, il est utilisé plusieurs fois pour décrire la beauté féminine : « 4.3. Tes lèvres sont comme un fil de pourpre, ta bouche est charmante et tes joues, derrière le voile, sont comme des moitiés de grenade. ». Ce qui serait donc un écho de la beauté de ce visage féminin soulignée par la pureté des traits et la blancheur du visage.
 °°Mais ce fruit peut aussi désigner la fausse apparence : sous un aspect appétissant, il peut se révéler fort désagréable au goût[NB:comme n'importe quel fruit,non???]. Ce qui nous renvoie au masque et au visage : derrière une apparence séduisante, peut apparaître une réalité tout autre. La femme serait-elle alors une comédienne ou, en jouant avec l'étymologie, une hypocrite ?
°°D'autre part, la grenade est très souvent associée à la fécondité. C'est le fruit que tient, par exemple, Marie, pour annoncer sa maternité.
Ce qui serait un écho à la jeune femme du tableau mais avec un sens plus trivial puisque nous serions en présence du thème de la courtisane et, au-delà, de la pensée que le sexe est une arme féminine.
°°Enfin, ce fruit peut signifier le péché, le Mal à partir des termes homographiques et homophoniques "malum". En effet, s'il est le nom latin de la pomme et de la grenade (malum granatum : pomme à grains), il désigne aussi les maladies, les maux et, par extension, le Mal. Ce qui serait ainsi un écho à ce fruit de la tentation que le jeune femme propose au spectateur.


Conclusion Une composition sobre mais efficace qui met en avant deux attributs de la simulation (le masque, la grenade), puisque celle-ci est double (derrière un faux visage, se cache le vrai visage), pour une allégorie de la simulation faite femme  « Le tableau florentin dit l'équivalence du sexe féminin et de la dissimulation [...], la femme est menteuse, hypocrite, dissimulatrice... ».(fin du copié collé)


mon opinion, ou devrais je dire mon ressenti=J'aime le visage rond et presque encore enfantin de cette femme.Ce n'est pas tant son regard (jugé hautain et dominateur dans le texte ci dessus) que ses yeux qui m'ont happée, des yeux gonflés, un peu comme quand on a beaucoup pleuré-ou beaucoup dormi-Elle a , selon moi, un air triste et intériorisé,mais décidé;je ne m'étendrai pas sur la place de la femme dans la société du 17° siècle,ce serait jauger le passé à l'aune du présent,présent pas très reluisant tout de même,-mais je n'en pense pas moins...

samedi 23 décembre 2017

paysage russe enneigé d'Alain Thomas pour le tableau du samedi de Lydie

J'ai eu le bonheur de voir dernièrement une expo d'Alain Thomas duquel j'ai tendance à parler régulièrement...Normal, je suis sous le charme total de ses atmosphères, de ses couleurs,je suis heureuse quand je regarde un de ses tableaux, et sereine;le monde alentours me parait ensuite moins fou, ses peintures me pacifient...
Comme elles sont protégées par un copyright je vous laisse le lien....et comme ce lien vous conduit à son site, laissez vous prendre par la main et mené(e) à sa galerie...
Un petit NB=(et pas un petit BN....)
Pour Noël dernier il y a eu une mise en scène de ses animaux sur la cathédrale de Nantes;cette année c'est sur celle d'Angers;et l'an prochain, de nouveau sur celle de Nantes, une féérie sur le thème de "NOël slave"...
http://www.alain-thomas.com/fr/galeries/orient/orien11.php

Je vous souhaite de joyeuses fêtes,une bonne fin d'année!
soyez heureux!
(jeta t elle sur un ton comminatoire^^)



dimanche 17 décembre 2017

ce dimanche, le tableau du samedi pour Lydie est celui d'Iris Scott

Famille toulousaine de passage à la maison, légère désorganisation, voici un article en retard certes mais deux en un!
D'abord le tableau,croisé sur le réseau social avec un cuicui bleu....

Il s'intitule "après que la neige soit tombée"(after the snow fell")

C'est un tableau d'Iris Scott,artiste américaine toute jeune née en 1984...Son site, avec ses tableaux:
http://www.irisscottfineart.com/about/

j'aime l'atmosphère lumineuse, onirique et mystérieuse du tableau, qui me ferait aimer la neige, pour un peu^^...C'est gai et pêchu,et c'est inspiré...voire spirituel....

Or au même moment, je lisais un livre subtil et tendre,qui n'a l'air de rien mais auquel j'ai trouvé beaucoup de profondeur, certes pas d'un style époustouflant d'originalité mais qui sous sa simplicité parle de choses importantes:"la lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi",de Rachel Joyce...(vous verrez qu'un jour on ne vendra plus que des livres dont le titre est égal à un chapitre de bouquin!)...Je vous pourrais vous en dire plus, mais çà serait dommage, car au début , je trouvais l'histoire un peu cucul la praline et puis en fait non,bien au contraire...
Quand vous l'aurez lu, vous comprendrez peut être la ressemblance avec ce tableau....
Pour moi la voici:on y entre sur la pointe des pieds, on y fait une rencontre avec soi et on ressort baigné de lumière!

mardi 12 décembre 2017

Maurice Carême pour la poésie du mardi de Lydie

Ma participation du jour, je l'ai trouvée dans un ancien livre de Français qui date d'il y a 50 ans.Poésie apprise à l'école,douceur de l'automne...

L'écureuil et la feuille de Maurice Carême

un écureuil,sur la bruyère,
se lave avec de la lumière.

une feuille morte descend,
doucement portée par le vent.

Et le vent balance la feuille,
juste au-dessus de l'écureuil;

le vent attend ,pour la poser ,
Légèrement sur la bruyère,

que l'écureuil soit remonté
sur le chêne de la clairière

où il aime à se balancer
comme une feuille de lumière.


en dessous, le seul exercice et commentaire est celui ci:"Impressions:un délicieux poème qui est une musique pour les oreilles et une fête pour les yeux.J'illustre par un dessin ce joli poème"-En guise d'illustration, le livre propose un très beau dessin,dans les tons de blanc et de bruns...un écureuil, me direz vous...non, deux cervidés se faisant des mamours dans l'orée d'une forêt....
C'était ma participation du jour....

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